Exposition en plein-air

« Empaillés »

3 jours autours du carnaval d’Evolène

L’exposition de photos géantes, déjà présentée en 2014, est à découvrir sur les bâtiments du village d’Evolène dès le 6 janvier 2021, de jour comme de nuit grâce à la mise en lumière.

Michel Wernimont a dû affronter les moins 20 degrés matinaux avec neige et un verre ou deux de Fendant dès l’aube pour réaliser son reportage. Invité dans la famille Bétrison chez un « Empaillé », l’artiste a pu assister à toutes les préparations secrètes et symboliques de ce carnaval de montagne.

D’Evolène, il ne connaissait que la Dent Blanche, ses domaines skiables et la Raymonde, la patronne du café « Le Mazot », déléguée du terroir en éternel costume évolénard. Une vision exotique, touristique et limitée de cette région qui mérite un regard un peu plus profond et plus aiguisé. C’est le regard du photographe qui est ici important : axé sur les personnes vivant dans un contexte de vie donné, leur psychologie, leurs sentiments. C’est un regard intimiste, un travail de fond sur un sujet.

Dans le cas du carnaval d’Evolène, c’est un témoignage sur les habitants du milieu rural de montagne, de l’aire d’attraction des villes dû au développement des moyens de transport, du pendulaire qui descend en plaine une fois par jour, du déclin de l’agriculture, de l’industrialisation progressive du milieu rural et du développement des activités de services et d’installation de citadins à la campagne. Au milieu de ces changements, une jeune génération accrochée à leur lieu de vie, leur village, leurs montagnes qui déploie une énergie hors du commun pour faire vivre leur commune. Invité par les jeunes du comité du carnaval, le photographe a pu découvrir une population attachante qui continue à faire vivre les traditions de leur région. L’accueil au village du preneur d’image a été chaleureux. Michel Wernimont a pu constater, loin des reproductions carte postale, que vivaient au centre du bourg encore d’une manière authentique des agriculteurs et des éleveurs de vaches d’Hérens.

Une commune aux habitants fascinants qui déploient de grandes ressources pour survivre économiquement et qui ne cèdent pas aux chants des sirènes de la plaine. Il a pu constater que passablement de jeunes s’exprimaient couramment en patois, un dialecte qui a fait son retour à l’école du village dans des cours à option. Le carnaval se révèle authentique et loin d’une exploitation purement touristique. Un évènement qui fait partie intégrante de chaque Evolènard, une tradition originale et ancrée dans les grands moments de l’année du calendrier hérensard.